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Le Contrat Nature : « les vallées humides du Coglais »

© Jean Philippe Anotta

Afin de mieux comprendre et valoriser les zones naturelles dans les territoires, la Région Bretagne a mis en place le Contrat Nature. Les vallées humides ont été mises à l’honneur du fait de leur importance pour la préservation de la qualité de l’eau mais aussi de leurs richesses naturelles. Le contrat nature permet d’étudier, recenser et valoriser ces zones naturelles. Le programme en cours permettra à son terme d’ouvrir au public une zone naturelle aménagée. Des parcours d’interprétation permettront aux visiteurs de mieux comprendre l’intérêt de préserver ces zones.

Un environnement agricole pas si banal que ça !

Les contrats nature sont des dispositifs d’étude, de gestion et d’aménagement des espaces naturels initiés par le Conseil Régional de Bretagne.
Ils sont souvent réalisés dans des zones naturelles emblématiques et l’on pourrait se demander si un territoire agricole comme le Coglais, qui ne possède pas de grandes forêts, de grands marais ou de landes est bien légitime pour mener un projet Contrat Nature.

Quelques relevés naturalistes réalisés sur la diversité des oiseaux, des chauves souris et des libellules ont montré en 2006 une biodiversité remarquable : près de 120 espèces d’oiseaux sur une seule commune, 17 espèces de chauves souris sur 21 présentes en Bretagne.

L’idée était alors de mieux recenser et comprendre le fonctionnement des espèces sauvages, ce en quoi elles apparaissent comme indispensables pour les activités humaines (nombre d’oiseaux, de mammifères sont des prédateurs d’insectes nuisibles qui ravagent les cultures, les vergers ou transmettent des maladies.
Un contrat nature a donc été lancé sur les vallées humides du Coglais, considérant que nombre de ces vallées sont restées sauvages ou naturelles et qu’elles permettent le déplacement des animaux sauvages sur l’ensemble du Coglais et des cantons environnant.

Les années 2007 et 2008 ont donc été consacrées à l’étude de la répartition de certaines familles d’animaux. Les familles ciblées ont été les libellules (qui peuvent se contenter de territoires très modestes, à l’échelle d’un petit fossé ou d’une petite mare, et les chauves souris. Ces dernières ont des rayons d’action plus importants, ce qui nécessite de considérer le Coglais dans un ensemble plus vaste, celui du pays de Fougères et d’étudier les principales voies d’échanges entre les cantons.

Les premiers résultats sont remarquables : en deux saisons d’étude alors que le Coglais figurait parmi les territoires les moins connus d’Ille et Vilaine le nombre d’espèces trouvé le fait désormais figurer parmi les plus riches !

Alors que l’image du territoire pouvait apparaître terne en terme naturaliste du fait de l’absence de grandes zones naturelles on s’apercevait que la situation des espèces vivant dans ces vallées humides et le bocage était plus que favorable. Dans le Coglais les espèces sauvages arrivent à s’épanouir au contact immédiat des habitants !
Une espèce comme le petit Rhinolophe, chauve souris en danger dans toute la partie nord de notre pays et en Bretagne voit sa plus importante population régionale recensée dans le Coglais : 25 % des effectifs régionaux vivent dans le Coglais ! Le Gomphe à pattes noires, superbe libellule noire et jaune qui ne vit qu’aux bords des cours d’eau semble très courante dans le Coglais alors qu’elle est quasiment absente du reste de la région !

 

Les vallées humides

Le Coglais est un véritable château d’eau pour le département. Le relief est lié à la présence souterraine de roches granitiques. Ces roches abritent de nombreuses nappes d’eau qui permettent d’alimenter les cours d’eau tout au long de l’année. Ainsi les rivières et ruisseau Tronçon, Echelles, Loysance, Vocadieu, Minette, Everre assure l’alimentation en été du fleuve Couesnon. Ces vallées peu propices à une agriculture moderne ont gardé un caractère naturel et sont de véritables refuges pour la faune et la flore mais aussi pour le gibier. Leur longueur permet aux animaux de faire des déplacements importants qui est la garantie de maintien de leur effectif. Nombre d’espèces rares ont été découvertes dans ces vallées : libellule paisible, campagnol amphibie, chauve souris d’alcathoé, on y observe également fréquemment des chevreuils ou des bécasses qui trouvent gîte et couvert dans les bois de pente.

 

Les corridors écologiques

Dans le Coglais, la priorité environnementale a été donnée aux Corridors écologiques. En effet, la nature comprend à la fois des espèces «plutôt utiles » et des espèces «plutôt néfastes » aux activités humaines. L’idée est qu’il faut favoriser les espèces utiles, par exemple les prédateurs des insectes ravageurs de cultures ou des insectes vecteurs de maladies.
Les corridors servent alors de lieux de reproduction et de déplacement pour ces espèces auxiliaires, mais aussi pour le gibier. Ils sont caractérisés par leur longueur : Ce sont par exemple les vallées humides qui comportent souvent un rideau d’arbres ou une succession de prairies humides mais aussi les haies qui assurent la liaison entre les zones boisées ou entre les vallées. Depuis trois ans grâce au contrat Nature, Coglais communauté étudie, identifie les corridors écologiques car leur maintien est une source de stabilité pour le territoire sur le long terme.

 

La faune

Dans le Coglais la faune s’exprime en toute discrétion. On pourrait croire que ce territoire à vocation agricole n’a pas su conserver la faune naturelle. Quelle erreur ! Certes le Coglais n’est pas un parc national, mais les relevés montrent la présence de très nombreuses espèces dont la caractéristique est qu’elles ont pu se maintenir au contact de l’homme. Cette bonne santé (même si on détecte actuellement comme partout ailleurs une dégradation) est liée à la spécialisation dans la production laitière qui nécessite le maintien de prairie et de bocage. Ainsi ce sont près de 120 espèces d’oiseaux et 30 espèces de libellules qui ont pu être recensées, plaçant le Coglais comme un territoire important pour la conservation de certaines espèces : l’agrion de mercure, libellule rare et protégée au niveau national et européen est omniprésent dans le Coglais. Vous pouvez l’observer aussi bien dans le jardin de l’eau à St Germain que sur des fossés de bords de route.

 

La flore

Celle-ci a été moins étudiée que la faune. On gardera à l’esprit que plusieurs communautés d’espèces peuvent être observées : celles des bois et forêts, remarquables au printemps lorsque les tapis de Jacinthe et d’anémone des bois, recouvrent le sol de leurs fleurs mauves et blanches. Il ya aussi celle des zones humides caractérisées par les touradons de carex et la potentille des marais, une proche parente des fraises dont les fleurs sont rouges. Mais c’est dans le bocage que la diversité est la plus remarquable, la lisière exposée au soleil laissera des tapis d’orchidées, la partie ombragée est le domaine des fougères polypodes, des ombilics de vénus et des nombreuses espèces de mousse.

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